IAROSS_(c) ADRIEN BENOLIELiAROSS c’est la rencontre de trois styles, un son fluide, limpide, évident, reflétant des influences multiples. Le trio, issu du conservatoire,  fusionne jazz, rock, chanson française et slam. C’est avec ce mélange très particulier que les montpelliérains se sont déjà fait remarquer avec leur deuxième album « Renverser », Coup de cœur de l’Académie Charles Cros.

Pendant les trois années qui séparent les deux disques, iAROSS a pris le large, se nourrissant de ses voyages (Japon, La Réunion, …) et revient avec cette envie d’aller encore plus loin dans la recherche de sa sonorité propre.

Les morceaux sont nés autour des textes, le groupe voulait en respecter l’ossature et éviter le superflu. L’équilibre est trouvé, entre l’épure et les envolées aussi puissantes que planantes, avec les guitares et claviers de Colin Vincent et le violoncelle de Nicolas Iarossi. Germain Lebot, le batteur, explore divers horizons avec de nouveaux instruments (Casserolophone ou la kora) et permet de créer la surprise auprès d’un auditoire invité au voyage par les musiques et à l’introspection par les textes.

De Danyèl Waro à Babx, en passant par Tue-Loup, Grizzly Bear, Radiohead et les artistes du feu label Lithium, les références sont nombreuses. Les compositions électro minimalistes de James Blake ont d’ailleurs accompagné le groupe dans la composition de « Comme chaque nuit ».

Des instrumentations qui reflètent le propos avec une véritable cohérence comme « 14/14 », titre écrit au moment du centenaire de la Première Guerre, offrant un constat désabusé, cent ans plus tard.

C’est un album tout en relief, à l’image de la vie, avec ses moments calmes, comme le titre en kora/voix « Jamais rien ne revient » et ses moments de rage, de folie.

Et de la rage, il y en a. Le titre « Le Cri des Fourmis » exprime cette révolte des petites gens, notre impuissance et notre désarroi.

Inspiré par les auteurs précurseurs du surréalisme tels Rimbaud ou Lautréamont, et le cinéma poétique des années 50, de Pasolini ou Bertolucci, le chanteur, slameur, poète à la voix rauque, use de la métaphore, d’images fortes et parlantes pour exprimer ses ressentis, de la rupture amoureuse (Comme chaque nuit) aux problèmes de société. Le titre « Chiens de garde » est quant à lui directement inspiré du livre de Paul Nizan (Les chiens de garde), « Trace » c’est l’image de l’Homme désincarné qui ne se soucie plus de ce qui l’entoure.

On retrouve chez iAROSS l’empreinte du «Théâtre de la cruauté» d’Antonin Artaud, cette souffrance d’exister, cette idée que le “monde glisse et se suicide sans s’en apercevoir”.

Les chansons de iAROSS sont l’exutoire d’un observateur, d’un curieux ancré dans notre époque et qui cherche à la comprendre, qui frappe à coups de guitares saturées, d’envolées de violoncelles et de textes forts dans la fourmilière …

 

Par Stéphanie Berrebi.